Montlouis-sur-Loire · Indre-et-Loire
Cinq siècles
d'un domaine vivant.
Un château de la Renaissance, des jardins retracés d'après les archives, un conservatoire national de la tomate, un vignoble conduit en biodynamie — et une famille qui l'a sauvé pour vous le transmettre.
Chapitre I
1520 — La maison Bohier, berceau d'une lignée
C'est au seuil du XVIe siècle, en 1520, que la famille Bohier — notables tourangeaux enrichis par la draperie et l'office royal des finances — fait édifier sur la rive gauche de la Loire une demeure seigneuriale entre cour et jardin. Le logis est conçu dans l'élan italien de la première Renaissance : toitures d'ardoise à forte pente, lucarnes sculptées, fenêtres à meneaux, et déjà cette organisation tripartite — avant-corps, ailes, communs — qui dictera plus tard la composition des parterres.
De cette maison Bohier descendra, par les alliances, la lignée qui mènera jusqu'à Diane de Poitiers, favorite de Henri II — un lien de filiation que les archives du Val de Loire établissent avec précision. Sans rien promettre ici d'une résidence qu'elle n'occupa jamais, le domaine porte dans ses pierres cette mémoire généalogique : un même sang, un même terroir, cinq siècles plus tard.
La demeure connaît ensuite plusieurs propriétaires — gentilshommes de robe, receveurs d'impôts, entrepreneurs manceaux — qui agrandissent les ailes, replantent les allées, négocient avec la Loire. À la veille de la Révolution, le château compte déjà trois terrasses sur la vallée et une orangerie en briques dont on retrouve la trace dans les plans conservés aux Archives départementales d'Indre-et-Loire.
Chapitre II
Le jardin comme archive vivante.
En 2015, après une décennie de recherche conduite avec le Centre des Monuments Nationaux, le potager retrouve sa géométrie d'origine : neuf carrés clos de buis, plantes potagères, médicinales et fleurs à couper, allées de gravier, un escalier d'eau qui dévale vers la vallée.
Le parti pris est celui d'un jardin lu — chaque planche porte une étiquette latine, chaque carrefour une citation extraite des traités du XVIe siècle. Le Ministère de la Culture lui décerne en 2018 le label « Jardin Remarquable », reconnaissance qui rejoint la longue liste des distinctions obtenues depuis, dont deux étoiles au Guide Vert Michelin 2024 pour les jardins.
- 01 Neuf carrés de buis, tracés au cordeau
- 02 700+ variétés anciennes au conservatoire voisin
- 03 Étiquetage latin et citations d'époque
- 04 Label « Jardin Remarquable » — 2018
Chapitre III
Trois décennies de sauvetage familial.
En 1992, lorsque la famille d'Albiousse acquiert le domaine, la toiture s'est effondrée en trois endroits, les parterres sont retournés à la friche, et les caves servent encore d'abri pendant la guerre. Trente-deux ans plus tard, quatre temps forts dessinent ce que le visiteur vient aujourd'hui chercher.
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01
1992
L'acquisition
La famille d'Albiousse rachète un domaine en péril : toitures ouvertes, communs à l'abandon, un parc de dix hectares retourné au bois. Le sauvetage commence par la mise hors d'eau du logis et la reprise en main des structures.
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02
1996
Le conservatoire
Soixante variétés de tomates anciennes sont regroupées dans l'ancien verger. Trente ans plus tard, le Conservatoire National de la Tomate préserve 712 cultivars documentés — la seule collection d'Europe à cette échelle.
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03
2011
Le vignoble
Les 14 hectares de vignes sont convertis à l'agriculture biologique (certification Ecocert), puis à la biodynamie en 2019. Les cuvées sont vinifiées sur place en Montlouis-sur-Loire, saluées par Bettane+Desseauve en 2024.
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04
2015
Le potager
Après une décennie de recherche avec le Centre des Monuments Nationaux, le potager Renaissance est replanté dans sa géométrie d'origine — préalable indispensable au label « Jardin Remarquable » décerné en 2018.
Le domaine en chiffres
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92 000
visiteurs accueillis
sur la saison 2024 -
712
cultivars de tomates
documentés au conservatoire -
14 ha
de vignes en biodynamie
Montlouis-sur-Loire -
27
personnes à l'année
dont 4 jardiniers & 2 œnologues
Paroles de famille
« Nous n'avons pas racheté un monument. Nous avons repris une maison qui continuait à vivre — et notre seul devoir, depuis, est de ne rien lui retirer de cette vie. Un jardin n'est pas une décoration, c'est une conversation que le domaine mène avec le siècle qui l'a vu naître. »